On m’a offert il y a quelques semaines un très joli livre, qui raconte une histoire de mots qui se croisent. Des mots qui se croisent ? Oui oui !
Ceux d’un homme à l’automne de sa vie, et ceux d’une trentenaire d’aujourd’hui.
Ceux d’un homme qui a vécu une vie où la liberté régnait en maître, et ceux d’une jeune femme soumise aux réalités de Dame La Crise.
Ceux d’un homme qui a saisi à bras le corps l’esprit des années soixante et l’incroyable ouverture du monde et de la jeunesse, et ceux d’une jeune femme qui aimerait bien s’échapper de la médiocrité matérialiste de la vie contemporaine.
Ceux d’un homme qui a pu voyager librement et ceux d’une femme qui cherche à remettre ses pas dans les siens.
C’est l’histoire d’une rencontre entre deux générations, entre deux mondes. L’un se livre peu à peu, l’autre est obnubilée par ce parcours et tente de s’y accrocher, probablement pour donner un peu de sens à son errance précaire.
Une histoire où les questions qui filent tout le long du livre, comme la trame d’un tissu, sont celles de la liberté, des choix de vie, de la part qu’on a, qu’on prend, dans la conduite de celle-ci. Question de bonheur aussi, savoir où il se trouve : dans la liberté, dans la fidélité à ses choix de vie, dans l’errance aléatoire et les rencontres hasardeuses, ou dans le dépouillement après la fête ?
J’ai beaucoup aimé ce livre, par ce qu’il raconte de vies tendues comme des fils, prêtes à se rompre, et finalement tenant à pas grand chose, à la part de volonté individuelle que l’on met dans ses propres actions. Non pas une leçon de vie, mais une petite réflexion, l’air de rien, sur la vie. Tout ça dans une légèreté d’écriture ponctuée de références musicales que j’aurais du écouter au cours de ma lecture…
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Daphné Kauffmann, Nos mots croisés, éditions Intervalles, 2009
