J’ai dit que je m’abstiendrai d’étaler ici ma vie intime. Cela ne veut pas dire que je vais d’un coup arrêter de parler de ma vie et des choses qui me tiennent à coeur.
Alors voilà, j’ai changé de ville, de travail, de rythme. Quitté le Sud il y a deux mois, pour me jeter dans l’antre parisienne. Quitté un travail qui m’intéressait, mais dont je sentais que je commençais à faire le tour pour ce qui m’y intéressait, et commencé un job passionnant où je peux vraiment accomplir ce qui me plaît, en ayant en plus le sentiment de faire des choses « bien ». Ce n’est pas tous les jours qu’on peut avoir la satisfaction de faire des choses bien dans sa vie de tous les jours… Je n’ai jamais eu honte de mes métiers successifs, et non plus de mes derniers où je gravitais dans le monde du commerce et du marketing, mais enfin cela reste bien matérialiste. Je sens la différence en voyant que le matin, quand j’ai tant de mal à me lever, j’ai quand même le plaisir de me dire que j’ai envie d’aller apporter ma petite pierre à l’édifice, quelles que soient les difficultés ponctuelles. Et je ne peux qu’espérer rester dans cet état d’esprit longtemps…
Changement de vie, du coup. Fini le jardin, les barbecues avec les amis, rester jusqu’à pas d’heure dehors, arpenter les berges de la Garonne, me perdre dans un univers de briques. À retrouver la pierre blanche et les rues surchargées. J’ai pu me trouver un appartement plein de charme, où les amis de passage ont l’impression de retrouver mon antre précédente. Curieusement oui, cela ressemble pas mal. La transition en est plus douce.
Et puis je ne suis pas mécontente, quand même, de changer. J’ai la bougeotte depuis toujours, le changement m’inspire et me pousse à la découverte, alors quatre ans quelque part, c’était déjà énorme pour moi.
Le rythme est différent, j’ai remisé ma voiture et je redécouvre le bus et le métro. Du coup j’ai le temps de lire pendant mes trajets, ce que je ne faisais plus. Grande satisfaction… J’ouvre mon livre, ma bulle se construit, et je m’évade.
Et j’ai commencé à explorer à pieds mon territoire, à me promener sans but précis, autre que celui de m’approprier ce coin. Je ne doute pas d’y trouver, comme là bas, mes coins de prédilection et de pouvoir m’y ressourcer de temps en temps.